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lundi 11 novembre 2019

Les filles du 17 Swann Street de Yara Zgheib

Auteur : Yara Zgheib
Titre VO : The girls at 17 Swann Street
Traduction : Carole Delporte
Genre : Roman
Edition : JC Lattès
Parution : le 2 octobre 2019
Pages : 320 pages
Prix : 22 euros

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Quand Anna Roux quitte Paris et le ballet de l'Opéra pour suivre l'homme de sa vie aux Etats-Unis, elle n'imagine pas la solitude dans laquelle elle va se retrouver. Une solitude qui l'entraîne dans la spirale de l'anorexie mentale. Contrainte de se faire soigner, elle est admise au 17 Swann Street, une maison rose où des femmes aux visages fantomatiques s'efforcent de vaincre leurs troubles alimentaires. Il y a Emm, la cheffe du groupe ; Julia, toujours affamée ; ou la discrète et très perturbée Valérie. Ensemble, elles affrontent leurs démons et six repas quotidiens. Chaque calorie est un déferlement de culpabilité. Et chaque pas vers la guérison requiert une force et une bravoure peu communes, qu'Anna va devoir trouver en elle-même et auprès de ses amies du 17 Swann Street.

On a beau connaître l'existence de certaines maladies, on en sait bien souvent très peu dessus au final. C'est pour ça que j'apprécie de lire des romans qui parlent de ces maux à la fois très connus, mais en même temps nébuleux sur bien des aspects. Dans son roman, Yara Zgheib nous parle d'anorexie.


Il y a tout un pan de ce livre que j'ai apprécié et tout un autre qui m'aura posé quelques soucis. Anna, notre héroïne, souffre d'anorexie depuis un moment. Lorsque nous faisons sa connaissance, son quotidien a atteint un tel point de non-retour qu'elle prend la décision de se faire soigner. C'est au moment où elle entre dans un institut, assez intimiste, au fameux 17 Swann Street que son histoire commence. Les débuts sont timides, l'intrigue navigue entre différentes temporalités, entre présent et passé et si vous ajoutez à cela la brièveté des chapitres, prendre ses marques s'avère difficile.

Honnêtement je ne suis jamais parvenue à les prendre. Si l'alternance des époques tend à s'atténuer de plus en plus au fil de l'avancée du lecteur dans le roman, (même si jusqu'à la fin ce principe perdure), il m'a été difficile de m'accrocher au contenu à cause de la petite taille des chapitres. Il m'a été difficile de réellement prend part à l'histoire. L'avantage c'est que ça rend la lecture très fluide, mais pour ce genre de livre, je ne pense pas que c'était un choix forcément judicieux. À cause de leur longueur, et alors que le roman va déjà à l'essentiel, on a cette impression que c'est encore plus le cas. La construction du récit m'a aussi bloqué par rapport à Anna, j'ai eu du mal à véritablement l'apprécier.


J'ai aussi éprouvé des soucis sur le plan émotionnel, c'est pour moi un autre problème qui s'est créé à cause de l'emploi de courts chapitres. Tout est lié en fait et tout part de ça. En se concentrant sur l'essentiel, oui bien sûr qu'il va tout de même se passer des choses qui vont ressortir, mais le temps consacré aux émotions s'en retrouve amoindri. En allant droit au but, l'autrice délaisse un peu ce qui fait le sel d'un roman et qui va faire qu'on va se sentir investi dans une histoire. Je ne dis pas que tout le monde va avoir les mêmes blocages que moi, je dis seulement que ce choix fait par l'autrice ne m'a pas convenu. Je m'attendais en plus à retrouver dans le roman des élans d'amitiés et d'entraides qui seraient plus poussés (c'est un peu dit dans le résumé), mais ça n'a pas été le cas. C'est un des plus gros regrets que j'ai eus au cours de ma lecture, bien que plus simplement, j'aurais aimé que les autres filles du 17 Swann Street soient plus présentes.


Au niveau de la sensibilisation faite au travers de ce livre, j'ai un avis plus positif. Dans l'idéal il serait intéressant d'entendre la voix de personnes concernées pour savoir si l'autrice a bien retranscrit ce qu'on peut ressentir en pareil cas, vous n'aurez que le mien celui d'un individu qui n'a jamais connu cette maladie. C'est aussi pour cela que je vais seulement aborder le point de la sensibilisation, qui est un des buts recherché par l'autrice tout de même. Je pense qu'elle a réussi son coup et même si évidemment je ne peux pas comprendre ce qui se passe chez Anna (ce qui n'a pas aidé non plus au niveau émotionnel), Yara Zgheib parvient à nous donner quelques clés qui nous permettent d'avoir un aperçu des souffrances aussi bien physiques que mentales ressenties au cours de la maladie et de la difficulté d'en sortir. Au travers d'Anna, il y a aussi ce qui se joue dans un couple lorsque l'un de ses membres est affecté d'un mal et par extension on entrevoit d'autres problématiques avec les autres filles de l'établissement.


Malgré tout ce que j'ai écrit, je n'ai pas été insensible au vécu d'Anna et certains passages ne sont pas évidents, bien que l'ensemble soit assez « léger ». Léger dans le sens ou, pour moi, ce titre manque de profondeur. Il y a aussi le fait que, dans son malheur, Anna se situe du côté des privilégiées, elle est très bien entourée ce qui joue beaucoup dans la guérison. Cependant, en l'état l'autrice délivre un texte qui amène à avoir un regard plus précis sur l'anorexie.


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